Dans ce nouvel épisode du Journal de la Formation, nous nous intéressons à l’apprentissage des langues en France. Le niveau des Français est-il si faible qu’on le dit ? Et à l’heure de l’intelligence artificielle, faut-il encore apprendre une langue ? Pour y répondre, Olivier Haquet, fondateur d’Adomlingua, organisme spécialisé dans la formation linguistique, apporte son analyse.
Apprentissage des langues en France : une progression portée par la formation et les nouveaux usages
Avec l’essor de l’intelligence artificielle, la question se pose. Les outils de traduction sont rapides et accessibles. Pourtant, comme l’explique Olivier Haquet, l’apprentissage des langues ne diminue pas. Au contraire, il progresse. Les applications dédiées comptent aujourd’hui des dizaines de millions d’utilisateurs quotidiens, preuve d’un intérêt toujours fort.
Le marché des langues reste ainsi très important et continue de se développer. Cette dynamique confirme que les besoins sont bien présents, malgré les avancées technologiques.
Côté niveau, les Français progressent. La France se situe désormais autour de la 38ᵉ place mondiale, selon l’EF EPI (English Proficiency Index) publié par EF Education First. Cette évolution s’appuie notamment sur les jeunes générations. Olivier Haquet rappelle que 99 % des élèves apprennent aujourd’hui l’anglais dès le primaire.
Dans le monde du travail, l’anglais s’impose comme une compétence incontournable. Olivier Haquet observe une forte augmentation des offres d’emploi qui exigent sa maîtrise. Il ne s’agit plus d’un avantage, mais d’un prérequis. L’espagnol reste également très demandé. À l’inverse, certaines langues reculent, comme l’allemand ou le portugais. Le russe connaît aussi une baisse récente, tandis que le chinois progresse dans l’enseignement.
Ces évolutions s’expliquent aussi par les transformations de la formation. À travers Adomlingua, Olivier Haquet observe un passage progressif du soutien scolaire vers la formation continue. En vingt ans, le marché a évolué du DIF au CPF. Aujourd’hui, la majorité des formations en langues sont certifiantes et permettent d’évaluer précisément le niveau.
Enfin, l’enjeu n’est plus d’opposer l’humain et l’intelligence artificielle. Pour Olivier Haquet, l’avenir repose sur leur complémentarité. Les formations proposées par Adomlingua restent centrées sur l’accompagnement par un formateur, tout en intégrant les outils numériques.
L’apprentissage des langues en France poursuit donc son évolution. Entre progression du niveau, transformation des usages et exigences du marché du travail, les langues restent au cœur des compétences d’aujourd’hui.
La question de l’utilité des langues à l’heure des nouvelles technologies est centrale. Nous l’avions déjà explorée dans l’émission Pourquoi apprendre une langue reste essentiel à l’ère de l’IA. Un éclairage complémentaire pour comprendre pourquoi les langues restent indispensables malgré les outils de traduction.










