En France, les femmes ingénieures restent minoritaires. Elles représentent environ 24 % des ingénieurs aujourd’hui. Un chiffre encore faible, alors même que les entreprises et les industries manquent de profils scientifiques.
Dans le Journal de l’Emploi, présenté par Jérôme Joinet, Yvette Ramos, ingénieure et consultante internationale, partage son analyse. Lauréate du prix Femmes Ingénieuses 2025, elle dirige également un cabinet de conseil spécialisé en ingénierie et propriété intellectuelle.
Son message est clair : attirer davantage de femmes vers les métiers scientifiques reste un défi.
Très jeune, sa curiosité pour la technique apparaît. Elle raconte que son premier déclic remonte à l’enfance, en observant la boîte à outils de son père, maçon. Comprendre comment fonctionnent les choses devient alors une motivation forte.
Mais son parcours n’a pas été totalement linéaire. Au lycée, un professeur de mathématiques lui conseille plutôt de s’orienter vers les langues. Un exemple révélateur des stéréotypes encore présents autour des carrières scientifiques.
Femmes ingénieures : casser les barrières culturelles et sociétales
Pour Yvette Ramos, plusieurs freins expliquent la faible présence des femmes ingénieures. Le premier est culturel. Dès l’enfance, les filles sont moins encouragées à se projeter dans les sciences, la technologie ou l’ingénierie.
Les chiffres confirment cette réalité. Aujourd’hui, seulement 24 % des étudiants dans les filières scientifiques sont des femmes, et la proportion tombe sous les 20 % dans le numérique.
Selon elle, les rôles modèles sont essentiels pour faire évoluer les mentalités. Voir des femmes réussir dans ces métiers permet aux jeunes filles de s’y projeter plus facilement.
Mais l’évolution doit aussi venir des organisations. Les entreprises publiques et privées doivent afficher une volonté claire de renforcer l’égalité femmes-hommes.
La question dépasse le cadre des ressources humaines. Elle relève d’une vision stratégique portée au plus haut niveau des entreprises.
Car l’enjeu est aussi économique. La France et l’Europe manquent d’ingénieurs. Si le pays veut maintenir son leadership technologique, il devra mobiliser tous les talents, y compris davantage de femmes.
Le message d’Yvette Ramos aux jeunes filles est simple : la curiosité scientifique doit être encouragée. Les carrières d’ingénieures ouvrent des possibilités dans de nombreux secteurs et dans le monde entier.










