Dans ce numéro du Journal de l’Emploi, Jérôme Joinet reçoit Frédéric Bouix, président de la Fédération Française d’Équitation. À partir des chiffres qu’il partage, une question s’impose : comment expliquer que 80 % des diplômés des métiers de l’équitation s’insèrent rapidement sur le marché du travail ?
Le secteur repose sur près de 6 000 poney-clubs et centres équestres. Ce maillage couvre l’ensemble du territoire. On en trouve en zone rurale, mais aussi en milieu urbain et périurbain. Ce réseau dense constitue un socle d’employeurs potentiels.
Les établissements équestres représentent environ 30 000 salariés. Le métier d’enseignant, souvent appelé moniteur, concentre à lui seul 80 % des emplois. Pour exercer, il faut obtenir un BPJEPS, diplôme d’État obligatoire dans les métiers du sport. L’accès à la profession est donc réglementé.
Les débouchés durables des métiers de l’équitation
Selon les données évoquées dans l’émission, l’apprentissage joue un rôle central. Environ 80 % des diplômés ont préparé leur titre en alternance. Ils passent deux ou trois ans en entreprise. Cette immersion facilite-t-elle l’embauche immédiate ? Les chiffres semblent aller dans ce sens.
Autre élément avancé : la tension sur le recrutement. Les horaires incluent les soirs et les week-ends. Le rythme correspond au temps de loisir des pratiquants. Ce décalage peut freiner certaines vocations. Malgré environ 1 200 moniteurs formés chaque année, le secteur reste en tension, légèrement en dessous des seuils officiels du ministère du Travail.
Un an après l’obtention du diplôme, 79 % des professionnels seraient en CDI. Ce niveau de stabilité interroge. Est-ce l’effet du maillage territorial ? De la spécialisation des compétences ? Ou d’un modèle français spécifique, fondé sur le cheval partagé, qui permet à un même équidé d’être monté par plusieurs cavaliers ?
Les métiers de l’équitation ne se limitent pas à l’enseignement. L’animation, l’entraînement ou encore l’accompagnement en tourisme équestre ouvrent d’autres perspectives. Ce dernier attire notamment des profils en reconversion.Derrière l’image du métier passion, se dessine donc une filière structurée, mêlant sport, agriculture et tourisme. La dynamique d’insertion semble réelle. Reste une question plus large : cette attractivité pourra-t-elle se maintenir face aux évolutions du rapport au travail ?










