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Ile-de-France: les départements s’unissent pour s’imposer dans le Grand Paris

Ile-de-France: les départements s'unissent pour s'imposer dans le Grand Paris

Vous pensez qu’il est possible de voir un communiste, un républicain et un socialiste s’unir sur un sujet ? C’est ce qu’il s’est passé mardi 10 octobre au siège parisien de l’Assemblée des départements de France. Les présidents des départements d’Ile-de-France se sont en effet réunis pour partager avec la presse leurs revendications sur la création de la géante intercommunalité qui est entrée en vigueur au 1er janvier 2016. Actuellement ce regroupement concerne 123 villes de petites couronne accompagnées de sept villes de grande couronne.

Mais la plus grande des craintes concerne les départements limitrophes de la ville de Paris. Les Hauts-de-Seine, La Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne pourraient en effet disparaître. C’est en tout cas ce que laisse sous-entendre l‘interview d’Emmanuel Macron dans la revue Grand Paris Développement. Le président ajoutait que le besoin était de « limiter les couches du mille-feuille territorial en réduisant les strates qui enchevêtrent les compétences et multiplient les coûts ». Paris est donc directement visé avec l’instauration du Grand Paris Métropole. Il serait donc possible de voir un nouveau département regroupant les quatre départements comme cela existait jusqu’en 1967 avec le département de la Seine.

LR, PS et PC marchent main dans la main

Mais la première opposition à ce projet, ce sont avant tout les élus locaux qui veulent se battre pour garder leur entité. Non loin de là l’idée de mettre fin au regroupement de l’intercommunalité, mais plutôt de marquer leur appartenance à leur département. Du côté de Stéphane Troussel, le patron PS de Seine-Saint-Denis, faire disparaître le département serait même un procédé antidémocratique. Dans les colonnes du Parisien, il rappelle que les « 138 conseillers départementaux de petites couronne ont tous été élus au suffrage universel ».

Un argument repris par l’élu LR, Patrick Devedjan dans les colonnes du Monde: « faire disparaître les trois départements de la petite couronne reviendrait à faire disparaître 138 conseillers départementaux. En échange, on maintiendrait douze territoires au sein desquels siègent 1 054 membres qui ne sont pas élus par les habitants mais désignés par les communes ».

Le Grand Paris, le monstre tentaculaire de l’Ile-de-France

Mais la question ne s’arrête pas à la petite couronne et la disparition des départements. En effet, la grande couronne s’inquiète aussi de l’arrivée de la métropole. On note que des pôles d’activités sont très porteurs. Notamment Roissy-Charles-de-Gaulle, premier aéroport de France et qui a accueilli 97,17 millions de visiteurs en 2016. En 2005-2006, l’aéroport regroupait près de 80 000 salariés. Plus récemment, le plateau de Saclay en Essonne, dont la construction lancée en 2006, devra permettre de regrouper à terme entre 20 et 25 % de la recherche scientifique française.

« Le pire scénario serait que la métropole prenne des territoires qui réussissent, comme le plateau de Saclay ou autour de Roissy en disant: « c’est sympa ce que vous avez fait, maintenant que ça marche, on le récupère » », a lancé le président de l’Essonne, François Durovray. Un tel agissement creuserait en effet un fossé entre la métropole et le reste de la région. Les communes au coeur de l’intercommunalité seraient donc avantagées au profit des autres exclues. Ce qui limiterait leur capacité de développement.

Suite à cette réunion, le Premier ministre Edouard Philippe a réagi sur la question. Pour lui le projet du Grand Paris est vital pour la région Ile-de-France et le pays. Mais « nous devons inventer quelque chose qui n’existe pas ailleurs ». Autrement dit, nous ne reproduiront pas Londres.

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